Magazine Les 3 Vallées

La forêt au coeur des 3 Vallées

 

La forêt des 3 Vallées s’étale sur environ 4000 hectares.
Un tiers de sa superficie est composé de parcelles privées, le reste appartient à la forêt communale.

UNE FORÊT SURVEILLÉE

La forêt est majoritairement composée d’épicéas. D’autres essences sont également présentes : mélèze, sapin, pin… Il y a également des feuillus, comme des aulnes verts en altitude et des frênes au-dessus de Brides-les-Bains, des hêtres ou encore des trembles. « La gestion durable des forêts est confiée à l’ONF (Office National des Forêts). Cela permet notamment de fournir du bois d’œuvre de qualité. Cette année, la scierie des Allues a travaillé plus de 200m3 de bois local, utilisé pour des charpentes ou d’autres constructions en station. Les agents ont aussi un rôle de sentinelle, afin de préserver l’environnement. C’est un milieu réglementé. Dans Les 3 Vallées, la forêt a de nombreux usages, été comme hiver. Les activités (ski, accrobranche, paintball…) sont régulées, en lien avec le propriétaire à savoir la commune. Nous essayons de sensibiliser les gens à la mosaïque d’habitat inhérente à chaque zone de forêt. », explique Véronique De Righi, responsable de l’Unité Territoriale de Moûtiers à l’ONF.

VEILLER À LA CONTINUITÉ ÉCOLOGIQUE

« Notre cheval de bataille est d’assurer la continuité écologique,en lien avec l’exploitant des remontées mécaniques. Quand
il y a un défrichement sous un télésiège ou pour créer une
piste, l’habitat peut être morcelé. Une population d’animauxséparés conduit à une érosion de la biodiversité. L’ONF essayed’être en amont des projets. Une des solutions est notammentde reprendre des linéaires existants ou de réaliser des projets mixtes, par exemple, une piste de ski de fond peut égalementêtre une desserte forestière. Les 3 Vallées abritent plusieurs zones particulières, comme la réserve biologique de la Dent duVillard. C’est un milieu remarquable, avec une pineraie de pins

à crochets qui poussent sur du gypse. Le sommet regroupe de nombreux entonnoirs de dissolution, avec des microclimats.Au printemps, la forêt se tapisse de sabot de Vénus. », ajouteVéronique De Righi.

UN AUTRE SITE REMARQUABLE

À Méribel, la réserve naturelle de Tuéda a été créée afin deprotéger le pin cembro et le tétras lyre. La réserve existe depuis 1990, à la suite d’une mesure compensatoire du domaineskiable, notamment afin de protéger la forêt autour du lac, quiabrite des coqs de bruyère. « Elle s’étend sur 1112 hectares de1700 à 3200 mètres d’altitude, du lac de Tuéda jusqu’au pieddu glacier de Gébroulaz. Il est possible d’y pratiquer plusieurs activités : du ski de fond, du ski sur la piste de l’ours, de larandonnée sur les sentiers piétons et des itinéraires raquettes balisés, menant notamment jusqu’au refuge du Saut. Bienentendu, il ne faut pas traverser n’importe où afin de préserverla tranquillité des animaux. Nous avons recensé environ une soixantaine de coq chanteurs sur la vallée de Méribel. Un aigleniche dans cette réserve où il y a également une trentaine
de bouquetins et une importante population de chamois », explique Nicolas Gomez du parc national de la Vanoise etconservateur de la Réserve naturelle du Plan de Tuéda aux Allues.

Les 3 VALLÉES PARTICIPENT AU PROJET EUROPÉEN « BIRDSKI », PORTÉ PAR LE PARC NATIONAL DE LA VANOISE EN PARTENARIAT AVEC ASTERS CONSERVATOIRE D’ESPACES NATURELS DE HAUTE-SAVOIE ET L’OBSERVATOIRE DES GALLIFORMES DE MONTAGNE.

 

« NOTRE CHEVAL DE BATAILLE EST D’ASSURER LA CONTINUITÉ ÉCOLOGIQUE, EN LIEN AVEC L’EXPLOITANT DES REMONTÉES MÉCANIQUES. »

PRÉSERVER LES OISEAUX DU DOMAINE SKIABLE

Les 3 Vallées participent au projet européen « Birdski », porté par le parc national de la Vanoise en partenariat avec Asters Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie et l’Observatoire des galliformes de montagne (OGM), jusqu’en décembre 2022. Ce dispositif vise à protéger les grands rapaces (gypaète barbu, aigle royal) et des galliformes de montagne (tétras lyre, lagopède alpin). En effet, les domaines skiables peuvent avoir des impacts sur les oiseaux : fragmentation des territoires de vie, mortalité par percussion sur les câbles, dérangement lors de phases clés du cycle de vie… Plusieurs actions ont été menées : création de zones de quiétude concertées pour le tétras lyre au sein des domaines skiables, en concertation avec les acteurs de terrain, équipement de certains câbles de remontées mécaniques avec des flotteurs ou des « Birdmarks » pour éviter les percussions des oiseaux et vérification de l’impact de ces actions. Pour cela, des tétras lyres sont équipés de GPS afin de suivre leurs déplacements et leur comportement au sein du domaine skiable. Les oiseaux sont brièvement capturés par des équipes du parc spécifiquement formées, avant d’être relâchés, munis d’une balise GPS miniature.

Le tétras lyre ou coq de bruyère
Certains câbles de remontées mécaniques sont équipés de flotteurs ou des « Birdmarks »
Une trace de tétras lyre dans la neige
Le gypaète barbu est un grand vautour. Il peut atteindre les 3 mètres d’envergure. Il est facilement identifiable grâce à son plumage : gris ardoise pour les ailes et blanc à orangé sur le ventre

Découvrir la forêt et ses habitants

« Aller en forêt, c’est comme entrer dans une maison, il faut faire attention à ne pas déranger les habitants et avoir du respect pour ce milieu naturel si fragile. Il y a des espèces animales qui nichent au sol ou à faible hauteur. Les carres des skis peuvent aussi couper la tête des jeunes arbres qui dépassent juste de la neige. Afin d’éviter cela, il faut utiliser les itinéraires et pistes balisés », conseille Véronique De Righi.

Pour en savoir + : à pied, on parcourt la piste des animaux à Méribel (au départ de l’Altiport). On découvre l’exposition de la filière bois à la scierie et au moulin des Allues. En famille ou entre amis, on se promène dans la réserve naturelle de Tuéda, et on se laisse tenter par l’Explor Game avec le casse noix comme mascotte. Toujours au bord du lac de Tuéda, on n’hésite pas à pousser la porte de la Maison de la Réserve, des surprises attendent notamment les enfants cet hiver.

À MÉRIBEL, LA RÉSERVE NATURELLE DE TUÉDA A ÉTÉ CRÉÉE AFIN DE PROTÉGER LE PIN CEMBRO ET LE TÉTRAS LYRE.

 

 

 

Merci de ne pas déranger

En hiver, les gallinacés sont fragiles. Les tétras lyres ont besoin de tranquillité pour hiberner. Des passages répétés peuvent les déranger, les contraignant à fuir. C’est là qu’ils se mettent en danger, en dépensant beaucoup d’énergie pour se déplacer dans la neige (avec peu de nourriture disponible) et en étant à la merci des prédateurs. Le tétras lyre est considéré comme une « espèce parapluie ». Quand on le protège, cela est utile à d’autres animaux qui occupent le même terrain : lièvres variables, ongulés…

 
Ca vous intéresse aussi...

Talents d’ici

Céramiste, artiste, ébéniste, aubergiste... Ils incarnent l’excellence du savoir-faire savoyard. Bienvenue parmi les « gens » des 3 Vallées.
En savoir plus
Publié il y a 12 heures

Klébert SILVESTRE, gardien des abeilles noires

En Tarentaise, sur la commune des Belleville, réside un amoureux et fervent défenseur d’une variété d’abeilles idéalement adaptée à la région, l’Apis mellifera mellifera, plus connue sous le nom d’abeille noire.
En savoir plus
Publié il y a 12 heures

Les trésors du Parc national de la Vanoise

Avec ses 535 km2 parcourus de 400 km de sentiers balisés, le Parc national de la Vanoise déploie jusqu’au domaine des 3 Vallées un territoire peuplé d’une faune et d’une flore remarquables, fait de paysages grandioses parsemé d’une architecture pastorale. Autant de trésors préservés.
En savoir plus
Publié il y a 1 mois
Les 3 Vallées